
Le retour sur scène ces prochaines semaines,
vous l’appréhendez ou vous avez hâte ?
Ce qui a beaucoup changé depuis le précédent album,
c’est le public. Quatre ans, c’est une éternité dans la
musique électronique. Un disque, on le fait pour soi
uniquement, on peut être égoïste et personnel. Lors
d’un concert, on est en mission. Les gens ne sont
pas là pour se plonger dans la musique, mais pour
s’amuser : il y a une responsabilité d’être plus facile,
plus efficace.
D’ailleurs, vous préférez jouervos morceaux en Live ou en clubs ?
Quand on fait les DJs dans un club, on passe de la
musique, pas que la nôtre, pour que les gens s’amusent
et dansent. En live, on ne joue que nos morceaux
donc on se permet plus de choses. Les chansons sont
simplifiées, ça les rend plus efficaces et ça transmet
d’avantage d’émotions.
Vous avez des rituels en tournée?
Comme en studio, on peut aussi tomber en routine en
tournée : lever, balance, sandwich dinde/mayonnaise,
concert, coucher… Tu dors douze heures par jour,
tu es pris en charge, ça déresponsabilise totalement.
Comme on tourne en bus, ça évite les tentations de
fêtes permanentes, de jeter les télés par les fenêtres
(rires)…
Au fait, quels sont les publics les plus hystériques ?
Les Anglais ! Et plus tu montes vers le Nord de l’Angleterre
et plus ils sont hystériques ! Peut être est-ce dû à l’alcool,
assez présent dans leur culture. Le public est hyper réceptif.
Sans oublier les Irlandais. Eux aussi ont un sens de la fête
assez prononcé. Ils ont toujours été au top lors de nos prestations.
Parfois, n’en avez-vous pas marre que l’on
vous colle une étiquette « hard rock », au niveau
de vos influences mais aussi de votre look ?
L’étiquette « hard rock » est plus quelque chose de
visuel. Nos gueules, notre façon de nous habiller et
le décorum sur scène est rock. Et il est vrai que cela
a beaucoup orienté la façon dont les gens ont écouté
notre musique. Mais on n’est pas des rockers ! Notre
influence rock est plus visuelle que musicale.
Gaspard, tu as récemment déclaré qu’Internet
pouvait être déprimant pour un artiste …
Oui car Internet, c’est la dictature de la démocratie
maintenant. C’est à celui qui parlera le plus fort : et
ce sont les mécontents les plus braillards. Avant, l’avis
venait de gens dont c’est le métier. Et au départ, on
se servait d’Internet comme baromètre. Maintenant,
c’est devenu impossible, il y a trop de gens qui parlent.
Les avis sont invalides. Tout le monde hurle en même
temps, il n’en reste qu’un brouhaha.
Pour beaucoup, vous êtes des icônes de la
« coolitude » absolue. Vous êtes d’accord
avec cette image ?
Au fond, nous ne sommes pas “cools” au quotidien.
La fabrication d’un disque, c’est l’anti-cool, c’est laborieux,
technique, minutieux. Je vais te dire pour nous
ce qui représente le « cool » : quand Snoop Dogg sort
de prison puis nous compose le meilleur album de rap
des années 90 et que tu découvres ces images ado à la
télé, ça c’est cool.
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JUSTICE
EN TOURNEE DANS
TOUTE LA FRANCE